The League fait partie de ces nombreuses séries américaines de qualité qui ne trouveront probablement jamais preneur chez nous. La raison est simple : le show tourne autour d’une bande de potes adeptes du « fantasy football », une activité bien moins populaire chez nous qu’elle ne l’est aux USA.
Le Fantasy Football, un vrai phénomène de société aux USA
Le Fantasy Football, kesako ? Ce sont des ligues virtuelles où des amoureux de NFL s’assoient dans le siège du General Manager d’une franchise, créant leur propre équipe à partir de vrais joueurs, avec pour objectif de créer le meilleur effectif possible et ainsi de remporter un maximum de matchs face aux équipes des autres joueurs de la ligue. Tout se passe sur Internet, avec des forums de discussion où les uns et les autres peuvent s’échanger conseils et pronostics.
Le calendrier d’une saison reproduit peu ou prou celui d’une véritable saison de NFL avec une draft, la possibilité d’échanger, d’abandonner ou de recruter des joueurs, et des playoffs pour déterminer le grand champion en fin d’année.
En France, il existe des ligues de « fantasy sports » autour du foot, du rugby, du hockey sur glace, mais cette activité n’a rien de comparable avec l’ampleur du phénomène de société que représente le « fantasy sport » au pays de l’oncle Sam. Selon la très sérieuse Fantasy Sports Trade Association, plus de 32 millions d’hommes aux USA et au Canada ont participé à une ligue virtuelle en 2010. Plus d’un homme américain sur cinq jouait régulièrement dans une fantasy league cette année-là.
Mieux encore, le vainqueur du main event du World Championship of Fantasy Football 2011 a reçu un chèque de 300000 dollars (et deux billets pour le « vrai » Superbowl) l’an dernier lors de sa victoire. Vous trouvez toujours ça ridicule ?
Des hommes, des potes et surtout de grands enfants
The League parle de football américain mais aussi et surtout d’une bande de potes de Chicago qui se connaissent tous depuis le collège, et qui passent leur temps à penser à la prochaine crasse qu’ils vont pouvoir faire à leur adversaire de la semaine. Ils forment une ligue à 8 équipes, même si la série ne repose que sur six personnages principaux.
Il ya Pete Eckhart (Mark Duplass), officieusement leader de la bande et triple champion en titre, qui se sépare de sa splendide femme Meegan (Leslie Bibb) au début de la série car il refuse d’abandonner ses potes et le fantasy football pour se consacrer un peu plus à elle. Eternel gamin dans sa tête, il est l’un des personnages les plus drôles de la bande, jamais à court d’idées originales pour foutre l’un de ses amis dans l’embarras. Fraîchement divorcé, ses papillonnages font partie des trames scénaristiques récurrentes utilisées par les producteurs dans les trois saisons que comptent le show à ce jour.
Parmi ses amis, on trouve le couple génial formé par Kevin et Jenny MacArthur (Stephen Rannazzisi et Julie Aselton). Parents d’une petite fille (Ellie), leur vie ne tourne pourtant qu’autour de la ligue. Dans la première saison seul Kevin participe à la compétition, assisté par sa femme qui aime le football au moins autant que lui et qui semble bien plus compétente que lui pour remporter le Shiva Bowl. Elle intègre la ligue avec sa propre équipe au début de la deuxième saison après la défection de l’un des membres « invisibles » du championnat, au grand dam de son mari.
Rodney Ruxin (Nick Kroll) est sur le papier le plus « normal » de la bande. Avocat à succès, marié à une femme super sexy (Nadine Velasquez), c’est pourtant le plus hystérique de la bande, celui qui ne gagne jamais mais qui est pourtant le plus à fond. Il n’hésite par exemple pas à bander les yeux de sa femme lui faisant croire à des préliminaires pour pouvoir gratter quelques minutes en face de son écran afin d’échanger un ou deux joueurs juste avant la deadline pour bloquer ses compositions pour le prochain match. Ses frustrations sexuelles d’homme marié et ses fantasmes parfois dérangeants sont également régulièrement évoqués tout au long de la série.
Taco MacArthur (Jon Lajoie) est le « facteur X » de la bande. Il est dans la ligue avant tout parce qu’il est le petit-frère de Kevin, mais ne s’intéresse pas vraiment au football. Lors de la draft en début de saison, il se contente de choisir des joueurs dont le nom lui plaise peu importe leurs compétences. Peu au fait de la NFL, il a même essayé d’intégrer dans son équipe des joueurs de la CFL (le championnat canadien) où le niveau est bien moins élevé, ce qui ne lui a pourtant pas empêché de remporter la première édition de la ligue en 2006. Il a la maturité d’un enfant de huit ans, jamais à court de concepts enfantins et stupides mais souvent drôles. Il parle de « Vinegar Stroke » (attaque au vinaigre) pour évoquer la tête qu’il fait juste avant d’atteindre l’orgasme. La série met aussi en avant sa capacité à sortir très facilement avec de très jolies filles, ce qui a souvent le don d’énerver ses compagnons d’infortune.
Terminons avec André Nozick (Paul Scherr), la tête de turc officielle du groupe. Chirurgien plastique et de loin le plus riche du groupe, sa naïveté et le fait qu’il soit persuadé d’être plus fort que les autres dans tous les domaines (alors que ce n’est pas le cas) ont font une cible facile pour les vannes de Pete, Kevin ou Rodney. Il est régulièrement épris de nouvelles passions dont il paie les pots cassés en fin d’épisode (des seins lui poussent après avoir abusé d’un régime 100% soja) et il est décrit comme un homme-caméléon, qui s’adapte systématiquement aux passions de ses conquêtes dans une tentative désespérée de se trouver des points communs avec elles. En bref, c’est un loser.
The League : l’une des séries les plus drôles à l’heure actuelle
Si l’on a déjà pu voir avec Friday Night Lights combien le football américain se prêtait à la création d’un drama de grande qualité, The League prouve qu’il est aussi possible d’en rire au travers d’une comédie drôle et épicée.
L’alchimie entre les personnages est évidente et les vannes font toujours mouche. Chaque semaine, un personnage en affronte un autre au sein de la ligue et les attaques personnelles pleuvent pour notre plus grand plaisir. Il est évidemment préférable de connaître un peu le foot US pour profiter au maximum de toutes les références faites à des joueurs mais on regrette souvent que les épisodes ne durent que 20-25 minutes tellement les « punch lines » sont efficaces et bien trouvées à chaque fois.
Je ne compte d’ailleurs plus le nombre de fois où j’ai rigolé niaisement dans le métro à cause d’un concept idiot inventé par Taco ou à un piège tendu par la bande à André, qui finit toujours par se retrouver dans une situation embarrassante.
Ce qui est admirable dans The League, c’est la capacité des auteurs à se renouveler au niveau des vannes ou des situations dans lesquelles se trouvent les différents personnages centraux alors que le thème et la timeline d’une saison sont systématiquement les mêmes.
Pour toutes ces raisons, je ne peux que vous conseiller de regarder The League, qui a achevé à Noël sa troisième saison sur FX (avec des guest stars comme Jeff Goldblum et Elisa Dushku), une chaîne câblée américaine où l’on avait déjà pu découvrir Lights Out. Avec The League, FX propose donc une comédie de grande qualité, où les épisodes s’enchaînent avec un plaisir sans cesse renouvelé. Bonne nouvelle, une quatrième saison est d’ores et déjà en production et sera diffusée à partir de septembre 2012.
Note Soyons Sport : 5/5
Titre : The League
Sport mis en avant : Football américain / Fantasy Football
Diffusée aux USA sur FX, les jeudis soir à 22h30
Nombre de saisons : 3 (une 4ème prévue pour septembre 2012)
Nombre d’épisodes déjà diffusés : 32 (une première saison de 6 eps, puis deux saisons de 13).



